NOUVEAU TEXTE: "A PROPOS DES 21 MESURES POUR L'ENSEIGNEMENT DES MATHEMATIQUES DE LA COMMISSION VILLANI"

 

Les invités de Jean-Jacques Bourdin et le calcul, sur BFMTV

 

 

                   Tous les matins, entre 8 h 30 et 9 h sur BFMTV, J.J. Bourdin interroge une personnalité politique. Pendant une assez longue période l’entretien se terminait traditionnellement par une question dite « insolente ». Que penser des réponses à cette question insolente de trois invités ?

 

                   1 – Printemps 2010. Didier Migaud vient d’être nommé à la présidence de la Cours des Comptes. Il est l’invité d’un matin de J.J. Bourdin.

Question insolente, liée à l’actualité, (rapport de l’Institut Montaigne sur l’école et publication des résultats aux évaluations PISA qui révèlent une faiblesse des jeunes français dans la maîtrise du calcul) : combien fait le produit de 7 par 9 ?

Réponse de Didier Migaud, après quelques hésitations : 56. Devant le scepticisme de l’animateur, il répète : oui, çà fait bien 56 ! J.J Bourdin corrige : 63. L’émission s’arrête là.

 

                   2 – Quelques mois plus tard, début 2011, Jérôme Cahuzac, qui a remplacé Didier Migaud à la présidence de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, est à son tour invité par J.J. Bourdin.

Même question insolente : combien fait le produit de 7 par 9 ? Bonne réponse de l’invité, sans hésitation : 63. Mais si celui-ci n’avait rien ajouté, tout était parfait. Or Jérôme Cahuzac, bien que l’animateur ne lui demande rien, trouve le moyen de fanfaronner en déclarant : « c’est facile, tous les multiples de 9 se terminent par 3 ». Ce qui faux : 9 ; 18 ; 27 ; 36 ; … ne se terminent pas par 3. C’est la somme des chiffres qui est toujours égale à un multiple de 3, car 9 est multiple de trois. Mais c’est tout. 

 

                   3 – Printemps 2011. C’est le tour de Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale. Contexte politico-socio-éducatif : les élèves de CM2 viennent de subir leurs tests d’évaluation, avant passage en 6ème.   

Question insolente : «les élèves de CM2 devaient répondre à la question suivante : 10 objets identiques coûtent 22 € ; combien coûtent 15 de ces mêmes objets ? ». Hésitation de Luc Chatel, puis réponse : 16,5 €. Quelle maîtrise de la proportionnalité ! Selon Luc Chatel 15 objets coûteraient moins cher que 10 ! La réponse est 33.

                   Et pourtant c’est bien Luc Chatel qui a lancé des réformes visant à relever le niveau en calcul des jeunes français !

 

                   Il faut évidemment prendre en compte l’émotion que peut produire un plateau de télévision au cours d’une émission en direct. Mais ces trois responsables politiques sont parfaitement habitués à ce type de situation.

                    Alors, après avoir constaté qu’ils ne sont plus très jeunes, que, chronologiquement ils ne peuvent pas être des victimes du pédagogisme, ou de la pédagogie, tant décriés depuis plus de deux décennies par certains intellectuels et partis politiques, que c’est par les méthodes de cette l’école d’autrefois, encensées par les mêmes intellectuels et partis politiques, qu’ils ont appris à calculer, que, peut-être, ils ont même fréquenté des écoles privées, je m’interroge avec insistance sur les références que nous offre cette école d’autrefois pour l’apprentissage du calcul et, plus généralement, pour l’ensemble des apprentissages fondamentaux. Car pour moi l’apprentissage du calcul fait bien parti des apprentissages fondamentaux. Mais quels étaient les objectifs de l’école d’autrefois et que peuvent être, et doivent être, aujourd’hui les objectifs réels de l’apprentissage du calcul ? 

 

 

Petite précision nécessaire : il n’y a absolument rien de politique dans ces observations.

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