NOUVEAU TEXTE: "A PROPOS DES 21 MESURES POUR L'ENSEIGNEMENT DES MATHEMATIQUES DE LA COMMISSION VILLANI"

 

Troisième partie (3)

(Suite)

 

La question du travail à la maison

                   Elle rejoint plusieurs des questions évoquées ci-dessus, notamment d’abord celle du livre de classe, puis celle du temps nécessaire à une acquisition bien conduite des savoirs et des compétences.

                   Sur cette question le simplisme atteint vraiment des sommets avec l’idée, malheureusement très répandue et bien ancrée dans la société française que plus l’enseignant donne du travail à la maison, plus il est sérieux, compétent et efficace. C’est absolument faux ! J’ai vécu, dans les années 80, une caricature de ce simplisme avec un de mes fils, qui, après avoir découvert, dans la journée, la multiplication entre nombres à plusieurs chiffres, a eu à faire un travail consistant à poser et à effectuer 54 multiplications entre nombres à 4 chiffres, donné le mardi pour le jeudi. Et ce n’était pas une punition ! Une histoire de fou ! Des exercices pris, comme çà, rapidement, au hasard, dans le livre de classe, sans préparation parce qu’une espèce de confiance absolue s’est pratiquement instituée. Evidemment dans des cas pareils ce sont les parents qui font la plus grande partie du travail. 

                   Le travail à la maison doit permettre à l’élève de revoir ce qui a été fait en classe[1], d’apprendre ce qui doit être su, d’accéder progressivement à une maîtrise satisfaisante des automatismes, d’effectuer des révisions, tout cela à son rythme, qui doit être le sien, c’est à dire peut-être sensiblement différent de celui imposé en classe.

                   Le maître doit donc planifier, organiser et diriger avec pédagogie et beaucoup de prudence le travail qu’il donne à faire à la maison, sans s’occuper de ce que les parents peuvent penser en suivant la scolarité de leurs enfants[2]. Ce travail doit être organisé et contrôlé de façon à surveiller l’évolution des acquisitions et intervenir à temps pour corriger éventuellement leur trajectoire.  

                   Je ne suis donc pas hostile au travail à la maison. Je pense en fait qu’il est nécessaire, mais ne doit pas être excessif. Je donnais moi-même un travail régulier d’une séance à l’autre, parfois plus important d’une semaine à l’autre. Mais dans la préparation du travail à faire à la maison l’implication pédagogique doit être aussi forte que dans celle du cours.

 

Et pour finir, avant la conclusion

 

                   Soyons bref !

                   Cette liste de propositions constitue un point de départ. Elle ne peut être exhaustive. La réflexion sur les effets de la télévision ne peut pas s’arrêter avec ce travail, c’est évident.

 

 

 

 



[1] En reconstituant, par exemple,  le déroulement du cours, comme un film.

[2] Car ce que les parents peuvent penser et dire relève d’une autre question : la concertation entre les parents et le professeur.

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